“La haine, c’est l’hiver du coeur.” -Victor Hugo
Il fait froid, tu n’es pas là. Tu es avec elle, encore et toujours. Toujours. Je le sais, je le sens. Tu ne réponds plus à mes appels. Mes messages ne suffisent plus à te ramener à moi. Et l’écart se creuse, le gouffre s’élargit, le vide s’étend. J’ai peur. Tout est prêt à basculer. Je sens le naufrage qui approche. Je m’apprête à être happée par la marée montante de tes priorités, à disparaître sous les flots de ton désintérêt et à me noyer dans ton indifférence.
Je t’ai tant aimé. Tu vois, la fin est si proche que je parle déjà de Nous au passé. Je t’ai tant aimé, j’aurais tout fait pour toi, j’aurais tout supporté. Mais c’était trop fort, tu n’étais pas préparé à la débâcle des sentiments, au tourbillon du plaisir, aux flammes dans nos yeux, à l’ivresse de nos corps, aux embruns de mon parfum te soulevant le coeur. Non. Je t’ai bousculé, dérangé, désemparé, débauché. Mais toi, tu as préféré la simplicité de l’amour, et la sécurité car l’habitude te rassure ; qui pourrait te blâmer ? Je ne sais pas aimer. Trop désinvolte pour s’engager, trop joueuse pour s’en soucier, et si peu de temps à accorder. Mais avec toi tout aurait été différent. Toi et moi ça me suffisait, je n’avais plus besoin des autres.
Tu m’as rejetée, ignorée, bafouée. Je n’ai pas de demi-mesure. Je sens la glace pénétrer ma chaire, je ne peux plus respirer, je ne peut plus pleurer. Jalouse à en crever, je te hais. C’est l’hiver, dans mon coeur et ailleurs.

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