Certaines personnes ne sont pas faites pour s’entendre.
Nos disputes incessantes m’étouffent. Je t’aime. Je te hais. Toujours le même schéma affligeant, toujours le même refrain entêtant. Les rires, la joie, les pleurs, la peine. Tout va bien et puis d’un coup, tout sombre dans le chaos. Le monde s’assombrit, mes yeux se voilent, ta voix se durcit. Encore une dispute. Je te déteste. Je vais jusqu’à souhaiter ta mort.
“Cette fois c’est fini et c’est mieux ainsi.” Chaque fois c’est ce que je dis. Et pourtant, pourtant, je t’aime chaque jour un peu plus. Et toi, tu m’attires dans tes griffes, tu accapares mes pensées, tu t’appropries mon coeur.
Nous sommes des aimants. Parfois on se blesse, on s’exècre, on se brûle, on se rejette. Mais la plupart du temps, une irrésistible attraction nous ramène sans cesse l’un à l’autre. L’un sans l’autre c’est invivable. J’ai besoin de te voir, de te parler, de te toucher, d’entendre ton rire, de me plonger dans tes yeux, de t’effleurer du bout des doigts dès que personne ne nous voit.
J’ai besoin de ton être autant que j’ai besoin du mien.

“La haine, c’est l’hiver du coeur.” -Victor Hugo
Il fait froid, tu n’es pas là. Tu es avec elle, encore et toujours. Toujours. Je le sais, je le sens. Tu ne réponds plus à mes appels. Mes messages ne suffisent plus à te ramener à moi. Et l’écart se creuse, le gouffre s’élargit, le vide s’étend. J’ai peur. Tout est prêt à basculer. Je sens le naufrage qui approche. Je m’apprête à être happée par la marée montante de tes priorités, à disparaître sous les flots de ton désintérêt et à me noyer dans ton indifférence.
Je t’ai tant aimé. Tu vois, la fin est si proche que je parle déjà de Nous au passé. Je t’ai tant aimé, j’aurais tout fait pour toi, j’aurais tout supporté. Mais c’était trop fort, tu n’étais pas préparé à la débâcle des sentiments, au tourbillon du plaisir, aux flammes dans nos yeux, à l’ivresse de nos corps, aux embruns de mon parfum te soulevant le coeur. Non. Je t’ai bousculé, dérangé, désemparé, débauché. Mais toi, tu as préféré la simplicité de l’amour, et la sécurité car l’habitude te rassure ; qui pourrait te blâmer ? Je ne sais pas aimer. Trop désinvolte pour s’engager, trop joueuse pour s’en soucier, et si peu de temps à accorder. Mais avec toi tout aurait été différent. Toi et moi ça me suffisait, je n’avais plus besoin des autres.
Tu m’as rejetée, ignorée, bafouée. Je n’ai pas de demi-mesure. Je sens la glace pénétrer ma chaire, je ne peux plus respirer, je ne peut plus pleurer. Jalouse à en crever, je te hais. C’est l’hiver, dans mon coeur et ailleurs.

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