J’ai lutté. Pendant longtemps. Avec force et vigueur. Je ne voulais pas être comme ces idiotes que je méprise.
Après tout qui sait ce qu’est l’amour ? Qui peut se vanter, à 20 ans, d’en donner la définition ? Moi.
J’ai longtemps lutté oui mais voilà, toutes les armes de la Terre, tous les pouvoirs du monde ne suffisaient pas. Je t’aime. Tu m’entends ? Je t’aime. Malgré toi, malgré elle, malgré moi, je t’aime. Je ne me lasse pas de le dire. Je t’aime. C’est si beau, si doux, si paisible. Tu m’as dit un jour que je ne savait pas ce que c’était d’être amoureuse. C’est parce que je ne te connaissais pas encore.
J’aime tes yeux d’un bleu pur lorsqu’ils me foudroient. J’aime tes lèvres lorsqu’elles m’embrassent férocement pour me faire taire. J’aime ta barbe qui griffe ma chair. J’aime cette chemise affreuse lorsque tu la portes. J’aime ton manque de tact et la façon que tu as de me blesser. J’aime ce léger cheveu sur ta langue lorsque tu parles espagnol. J’aime le soin maladif avec lequel tu ordonnes tes stylos ainsi que ton écriture ambivalente. J’aime ta façon de n’accepter aucune critique, aucune contradiction. J’aime que ton avis soit le seul et l’unique qui importe. J’aime tes goûts pourtant différents des miens. J’aime ton besoin d’être constamment rassuré. J’aime ton hypocrisie et l’importance que tu donnes à l’opinion des autres. J’aime que tu me parles de cette fille pour me rendre jalouse. J’aime que tu me quittes pour mieux me récupérer.
J’aime que tu m’emmènes fumer sur les quais de Seine, que l’on parle pendant des heures sous les lumières de Notre Dame, que tu m’achètes une glace chez Berthillon, qu’on rit aux éclats sur ton canapé, qu’on se mette des petites claques juste pour rigoler, que tu me pinces fort quand je ne sais plus m’arrêter, que tu baisses les lumières, que tu me serres dans tes bras jusqu’à m’étouffer, que tu me dises de me taire, que j’entende ton coeur battre à tout rompre, que tu te penches sur ma poitrine, que tu me caresses le bras et que tu prennes ma main… que tu me raccompagnes jusqu’à Saint Paul en me chantant Summertime Sadness, que tu me dises enfin que je te manques quand je ne suis pas là, que tu te sentes libre avec moi.
On dit que l’amour est aveugle mais au contraire l’amour est clairvoyant et aimant. J’aime tes défauts autant que tes qualités. Ma définition de l’amour c’est toi.

“La haine, c’est l’hiver du coeur.” -Victor Hugo
Il fait froid, tu n’es pas là. Tu es avec elle, encore et toujours. Toujours. Je le sais, je le sens. Tu ne réponds plus à mes appels. Mes messages ne suffisent plus à te ramener à moi. Et l’écart se creuse, le gouffre s’élargit, le vide s’étend. J’ai peur. Tout est prêt à basculer. Je sens le naufrage qui approche. Je m’apprête à être happée par la marée montante de tes priorités, à disparaître sous les flots de ton désintérêt et à me noyer dans ton indifférence.
Je t’ai tant aimé. Tu vois, la fin est si proche que je parle déjà de Nous au passé. Je t’ai tant aimé, j’aurais tout fait pour toi, j’aurais tout supporté. Mais c’était trop fort, tu n’étais pas préparé à la débâcle des sentiments, au tourbillon du plaisir, aux flammes dans nos yeux, à l’ivresse de nos corps, aux embruns de mon parfum te soulevant le coeur. Non. Je t’ai bousculé, dérangé, désemparé, débauché. Mais toi, tu as préféré la simplicité de l’amour, et la sécurité car l’habitude te rassure ; qui pourrait te blâmer ? Je ne sais pas aimer. Trop désinvolte pour s’engager, trop joueuse pour s’en soucier, et si peu de temps à accorder. Mais avec toi tout aurait été différent. Toi et moi ça me suffisait, je n’avais plus besoin des autres.
Tu m’as rejetée, ignorée, bafouée. Je n’ai pas de demi-mesure. Je sens la glace pénétrer ma chaire, je ne peux plus respirer, je ne peut plus pleurer. Jalouse à en crever, je te hais. C’est l’hiver, dans mon coeur et ailleurs.

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